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Digital Skills 2025 : le Maroc forme 100 000 jeunes pour propulser son économie numérique

Digital Skills 2025 Maroc

Introduction

À l’heure où l’économie mondiale se transforme à grande vitesse sous l’effet du numérique, le Maroc ne se contente pas d’observer : il agit. Le Royaume fixe un objectif ambitieux : former 100 000 jeunes par an dans les métiers du numérique à l’horizon 2030, dans le cadre de sa stratégie « Maroc Digital 2030 ». L’enjeu est double : d’une part répondre aux besoins croissants en compétences numériques, d’autre part faire du Maroc un acteur régional voire continental de l’innovation digitale. Cet article analyse les fondations de cette impulsion, les dispositifs mis en place, les défis à relever et les perspectives à moyen terme.

1) Contexte et enjeux

Le secteur numérique est aujourd’hui un levier clé de croissance, d’emploi et de compétitivité pour de nombreux pays. Au Maroc, la volonté de s’engager dans cette voie se manifeste clairement : lors du lancement de la stratégie « Maroc Digital 2030 », il a été annoncé que le pays vise à former 100 000 jeunes par an dans les métiers du numérique, contre environ 14 000 en 2022. FNH+3Médias24+3ausimaroc.com+3

Par ailleurs, la stratégie prévoit un investissement de 11 milliards de dirhams entre 2024 et 2026 pour soutenir cette dynamique. Médias24+2ausimaroc.com+2

Mais pourquoi un tel effort ? Quelques raisons principales :

  • Le marché de l’emploi des jeunes est particulièrement tendu ; il faut créer des débouchés et des filières porteuses.

  • Le numérique permet de dynamiser les exportations de services, l’outsourcing, les start-ups et de diversifier l’économie.

  • Le Maroc souhaite renforcer sa souveraineté numérique, réduire la fracture digitale (urbain/rural) et se positionner comme hub technologique en Afrique.

2) La stratégie « Maroc Digital 2030 » : objectifs et axes

La stratégie nationale se structure autour de trois catalyseurs : les talents (Digital Talents), le cloud et la connectivité. Le Desk+1

Talents

L’objectif est de constituer un vivier important de compétences numériques. Concrètement, il s’agit de :

  • former 45 000 nouveaux talents numériques par an à horizon 2030. الإعلامي+1

  • reconvertir 50 000 personnes par an vers les métiers du numérique. Le Desk+1

  • accueillir ou attirer 6 000 talents étrangers par an. Le Desk

Cloud

La volonté est de développer une offre nationale de services cloud souverain, de permettre aux entreprises et à l’administration publique de basculer vers cette infrastructure et d’accroître la valeur ajoutée locale. FNH+1

Connectivité

Pour que la formation et l’innovation portent leurs fruits, l’accès aux infrastructures est indispensable : amélioration de la couverture fibre, 5G, réseaux dans les zones rurales. Aujourd’hui le Maroc+1

3) Le dispositif « 100 000 jeunes par an » : comment ça se matérialise ?

L’engagement de former 100 000 jeunes par an est ambitieux, et plusieurs mécanismes sont d’ores et déjà mis en œuvre :

  • Renforcement de l’offre de formation initiale dans les filières numériques des universités publiques et privées. ausimaroc.com+1

  • Mise en place de programmes d’« upskilling » et « reskilling » pour les jeunes diplômés ou actifs souhaitant migrer vers le numérique. Le Desk

  • Partenariats publics-privés et signatures de conventions entre ministères, universités et centres d’intelligence artificielle (ex. AI Movement de l’Université Mohammed VI Polytechnique) pour piloter des programmes de formation. We are Tech+1

  • Déploiement de programmes d’initiation aux compétences numériques dès l’enfance ou dans les régions moins connectées, afin de créer une base « pré-talents ». Agence Ecofin+1

 

4) Impacts attendus et bénéfices pour l’économie marocaine

La montée en compétences numériques des jeunes est porteuse de nombreux impacts :

  • **Emploi ** : ce secteur devrait absorber une partie importante des jeunes. La stratégie mentionne la création de 240 000 emplois dans le secteur numérique à l’horizon 2030. Aujourd’hui le Maroc+1

  • Compétitivité et export : avec des talents numériques, le Maroc peut renforcer son offre d’outsourcing, ses services IT exportables et attirer des investissements internationaux.

  • Inclusion territoriale : en formant des jeunes dans toutes les régions, en particulier les zones rurales, on réduit la fracture numérique et on valorise des territoires encore peu connectés.

  • Innovation et start-ups : un vivier de compétences stimule la création d’entreprises technologiques locales, favorise l’écosystème entrepreneurial et crée de la valeur locale.

  • Administration et services publics : des citoyens et une administration mieux formés permettent de digitaliser les services (e-gouvernement), de simplifier les démarches, d’améliorer l’efficacité.

5) Défis à relever et contraintes

Malgré les ambitions, certains défis sont à considérer :

  • Adéquation formation-marché : avoir un grand nombre de jeunes formés ne garantit pas toujours qu’ils aient les compétences demandées. Il faudra aligner les cursus avec les besoins réels du marché numérique.

  • Qualité de la formation : le volume doit s’accompagner d’une qualité élevée : contenus actualisés, formateurs qualifiés, équipements numériques adaptés.

  • Infrastructure et connectivité : dans certaines zones rurales ou périphériques, la connexion internet ou l’accès au matériel reste limité. Sans cela, les formations peuvent être inégales.

  • Insertion professionnelle : former ne suffit pas : il faut des débouchés, un soutien à l’employabilité, des passerelles vers les entreprises et start-ups.

  • Mobilisation privée-publique : la transformation numérique nécessite l’engagement des entreprises, des universités, du secteur public. La coordination est un facteur clé.

  • Évolution technologique rapide : métiers, langages, technologies changent vite. Le système de formation doit être agile.

6) Focus sur l’année 2025 : ce qui se passe maintenant

En 2025, plusieurs signaux montrent que la dynamique est déjà en route :

  • Le lancement d’un programme national d’initiation au numérique et à l’intelligence artificielle pour les enfants, dans douze villes, via une convention signée entre plusieurs ministères et l’AI Movement. Maroc.ma+2We are Tech+2

  • L’accélération de la mise en place de nouveaux cursus universitaires en numérique, IA, Big Data, cybersécurité. ausimaroc.com+1

  • L’effort budgétaire pour accompagner l’ensemble : l’engagement des 11 milliards de dirhams jusqu’en 2026. Médias24+1

7) Recommandations pour les acteurs (gouvernement, entreprises, jeunes)

Pour le gouvernement et les institutions publiques

  • Poursuivre le renforcement de l’écosystème formation-emploi numérique, avec un suivi des indicateurs (nombre formés, taux d’emploi, adéquation).

  • Garantir l’égalité d’accès aux formations numériques pour les jeunes des zones rurales ou défavorisées.

  • Favoriser l’investissement privé dans les filières numériques et encourager les partenariats université-entreprise.

  • Déployer rapidement l’infrastructure de connectivité et le cloud souverain pour soutenir la formation et la montée en compétences.

Pour les entreprises

  • Collaborer avec les établissements de formation pour orienter les programmes aux besoins du marché.

  • Proposer des stages, apprentissages ou mini-projets aux jeunes formés pour faciliter leur insertion.

  • Mettre en place des parcours de reconversion interne vers les métiers numériques, afin d’utiliser les talents existants.

Pour les jeunes et étudiants

  • Profiter des opportunités de formation numérique, mais aussi se spécialiser dans des domaines porteurs (IA, cybersécurité, cloud, data).

  • Travailler à développer une « culture numérique » (soft skills, esprit d’innovation, agilité) en plus des compétences techniques.

  • Chercher les dispositifs d’apprentissage (bootcamps, MOOC, certifications) et être proactif dans l’employabilité (réseautage, projets personnels).

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Conclusion

  • Le Maroc a pris le virage du numérique avec détermination. En visant la formation de 100 000 jeunes par an d’ici 2030, il s’appuie sur une feuille de route ambitieuse qui mêle compétences, technologies et inclusion. La réussite de ce pari dépendra non seulement du nombre de jeunes formés, mais de la qualité de la formation, de la création des débouchés et de la solidité de l’écosystème numérique. Mais déjà, les premières pierres sont posées : en 2025, des modules d’initiation pour enfants, des partenariats stratégiques et une enveloppe budgétaire conséquente marquent un réel mouvement. Pour les jeunes marocains, c’est une opportunité ; pour l’économie nationale, un levier de croissance durable. Le défi reste de taille, mais l’ambition l’est tout autant.